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édito

actionsyndicale1_maquette.qxdVous avez entre les mains le premier numéro d’Action syndicale!

Nous entrons tout de suite dans le vif du sujet. Priorité à l’urgence!

Destruction des assurances sociales, baisse des salaires réels, extension et approfondissement de la précarité, déni des droits fondamentaux d’expression et d’organisation des salarié∙e∙s, attaque contre les retraites, conditions iniques faites aux chômeurs/euses, aux travailleurs/euses pauvres, aux personnes à l’aide sociale, extension des salaires de misère et des travaux assignés et contraints. Attaque systématique contre les conditions de vie et le revenu de la majorité sociale. Inhumanité d’une société qui accorde tous les privilèges au profit et dégrade le travail. Voilà l’actualité de ce printemps 2010.

Il est temps de réagir, de se battre, de défendre nos intérêts et nos libertés. Ce ne sont pas les raisons qui manquent… Ni les colères.

Eté 2009, paraissait le dernier numéro du journal La Fonction publique. Les organisations professionnelles et syndicales des divers cantons qui avaient fait vivre cette publication ont décidé d’arrêter cet effort commun. Dommage.

Le SGFP a donc besoin d’un nouveau journal pour informer autrement, différemment. Un journal qui soit aussi un instrument d’organisation, de coopération, de défense.

Certes, nous débutons modestement par ces quelques pages et par sa forme. Mais au fur et à mesure des numéros qui suivront, nous développerons ce bulletin, nous l’étofferons, nous ferons tout pour le diversifier, l’ouvrir à d’autres organisations de la Fédération syndicale SUD. A terme, nous aimerions avoir des informations, des analyses et des commentaires de toute la fonction publique et parapublique, rendre compte des luttes, des mobilisations, des négociations.

Le journal Action syndicale est là d’abord pour défendre les salarié∙e∙s et les retraité∙e∙s de l’Etat mais nous défendrons aussi les revendications de l’ensemble du monde du travail, des retraité∙e∙s, des précaires et des classes populaires car nous sommes ensemble. Nos intérêts sont communs.

Au cœur de la démarche du SGFP, il y a la lutte pour défendre, consolider et étendre un service public fort, de qualité, capable de répondre aux besoins de la majorité sociale de notre canton. Le service public constitue l’outil indispensable pour construire une société solidaire et démocratique.

Action syndicale apportera sa contribution à la lutte pour l’égalité et la justice sociale.

Chaque numéro de ce journal en développement contiendra un noyau dur:

– Editorial

– Retour à l’employeur, droit de réponse syndical à une/des position/s publique/s de l’Etat employeur

– RAS (retraité∙e∙s – actifs/ves – solidaires) un article sur la défense de nos retraites et sur les conditions des pensionné∙e∙s

– Brèves, trop brèves, quelques informations sur les conditions de travail

– Le fond du turbin: une analyse d’une situation de travail

Action syndicale: information, élucidation, critique de la politique de l’employeur, revendications et pistes d’action… Ce journal, c’est votre journal. Lisons-le, diffusons-le autour de vous, écrivons-le! Envoyez des informations et des textes!

 

Comptes 2009 de l’Etat de Vaud

Environ 1 milliard de bénéfice brut. 379 millions de bénéfice net.

Ces économies ont été réalisées en bonne partie grâce à notre travail, avec

– ses effectifs insuffisants

– ses salaires qui le sont tout autant

– sa surcharge, sa pénibilité, son intensité

– son stress, ses burn-out

– son mal-être

– ses petit∙e∙s chef∙fe∙s si souvent arbitraires

– son management si ordinairement autocratique

– ses pressions, ses rétorsions, ses dénis

– ses violences feutrées

– ses harcèlements

– son organisation si souvent maltraitante

Nous exigeons 60 millions de retour social sur notre investissement pour

– revaloriser les salaires injustement traités par DECFO-SYSREM

– augmenter les rémunérations les plus basses

– obtenir des effectifs suffisants qui garantissent la santé et la sécurité au travail

– promouvoir une politique du personnel respectueuse de la santé, de la personnalité et des droits fondamentaux des salarié∙e∙s.

 

Gestion des absences à l’Etat: «nouvelle impulsion» ou nouvelle pression?

Dans le dernier numéro de La Gazette de l’Etat employeur du 16 décembre 2009, le Service du personnel de l’Etat de Vaud (SPEV) tirait un bilan positif de son programme de réinsertion professionnelle des personnes atteintes dans leur santé.

Profitant de la dernière révision de l’Assurance-Invalidité (AI) et des conclusions de cette phase pilote, le Conseil d’Etat a décidé d’«ajuster quelque peu la procédure ». Malgré la langue de bois de rigueur, il y a en effet des choses qui ne vont pas du tout.

Un exemple à suivre

Prenons un exemple relevant des nombreuses situations de violence et de souffrance au travail que connaît le personnel du secteur public.

Une personne, vous par exemple, connaît une situation de tension dans son emploi. La hiérarchie la déstabilise, remet en question son travail, fait pression de plus en plus violemment et développe des pratiques de violence organisationnelle, voire de harcèlement.

Vous en tombez malade… Evidemment. Vous passez du mal-être au travail à la souffrance.

Nous excluons ici à dessein toute la dimension de la défense syndicale et juridique dans ce type de situation. Nous reviendrons sur ce point dans un prochain numéro d’Action syndicale.

Décodage 1: contrôle des absences et pression systématique

Le moyen mis en place est très simple et bien connu. Pour les absences dites de courte durée, la hiérarchie intervient rapidement, encadre et suit davantage les absences, avec une pression systématique et graduelle rappelant à la personne les attentes et les exigences liées au poste. A la clé, le risque de ne pas atteindre les objectifs fixés, d’être affaibli∙e dans son insertion professionnelle… Donc l’absent∙e doit revenir au plus vite…

 Décodage 2: le sourire du SPEV

Dès le 31e jour d’incapacité de travail ou en cas d’absences répétées pour des périodes de courte durée pendant l’année en cours, la situation est dénoncée au SPEV par la hiérarchie. D’ailleurs, assez souvent, certain∙e∙s chef∙fe∙s tentent d’interpeller directement le médecin traitant pour en savoir plus sur la nature de votre maladie, les éléments du diagnostic, la longueur et la gravité de votre situation. Ces démarches sont destinées fréquemment à faire pression pour réduire l’arrêt et accélérer un retour au travail.

Donc dès le 31e jour, les RH vous convoquent, vous interrogent, entrent dans votre vie. Ils/elles cherchent à contourner voire à briser le secret médical. Le problème ce ne sont pas les conditions de travail qui vous ont mis en maladie, mais vous! Que va-t-on bien pouvoir faire de vous?

Décodage 3: détection précoce AI

«Nul ne peut se prévaloir d’un droit aux mesures d’intervention précoce»!

Le ton est donné avec l’article 7d, al. 3 de la Loi sur l’assurance-invalidité (LAI).

Vous êtes toujours en incapacité de travail. L’employeur et ses RH vous informent qu’ils/elles communiquent votre cas à l’office AI. Vous serez convoqué∙e à un entretien de détection précoce afin que l’office AI puisse déterminer dans les 30 jours si des mesures d’intervention précoce (adaptation du poste de travail, orientation professionnelle, placement, mesure d’occupation, etc.) ou le dépôt d’une demande AI sont indiquées ou non.

Remarquons que la reconfiguration ou la modification d’un poste de travail est une mesure incapable de répondre aux situations de mal-être psychique, de souffrance causée par la pression et les agissements hostiles de la hiérarchie. Pour tout dire, dans ce type de situation, on affronte un déni systématique qui ne peut être brisé que par une très vigoureuse action syndicale et souvent juridique.

Décodage 4: centralisation du pouvoir

Votre employeur (ici les RH – case manager), récolte et centralise vos données personnelles et privées et vous évalue – c’est ce que La Gazette désigne dans son article: «… une certaine lourdeur du processus, le manque de clarté du rôle des différents acteurs et l’absence de centralisation dans la gestion des absences maladie et accident».

En d’autres termes, lorsque l’Etat employeur «consolide et simplifie». Il veut avoir la main mise et un contrôle total sur tout le dispositif.

Un contrôle sur vous, sur votre vie, sur votre avenir, sur la procédure et les éventuelles mesures, sur les médecins et autres intervenant∙e∙s jusqu’au Service de la santé publique.

Et tout ce processus est destiné à évaluer votre possibilité de retour au travail où les conditions d’activité, les charges, la pénibilité, l’intensité et l’action de la hiérarchie sont intouchables. Le système ne changera pas. Ce sera à vous de démontrer que vous pouvez vous soumettre à son fonctionnement et le supporter.

Décodage 5: stage thérapeutique

Pour opérer cette évaluation, le système recourt souvent «au stage thérapeutique». Il s’agit de vous observer, de vous mettre à l’épreuve, de vous évaluer pour savoir si vous êtes encore capable d’occuper votre poste ou s’il faut vous diriger, avec empathie, vers la sortie.

Pour mettre sur pied ce fameux «stage thérapeutique» au sein de l’Etat, votre certificat médical sera suspendu pendant une certaine période. Résultat, c’est reparti pour la mine, car il s’agit d’un vrai travail. Dès le premier jour, on vous encadre et on exige de la productivité. Votre hiérarchie et le SPEV sont toujours présents pour vous évaluer sur le lieu de travail.

Et puisque vous travaillez réellement, vous méritez, bien entendu, un salaire. Mais il y a salaire… Et salaire.

Pour les gens pressés, passer directement au décodage 8.

Décodage 6: le transfert, mais quel transfert?

Une fois prouvé dans le «stage thérapeutique» votre capacité de retourner au turbin, deux voies s’ouvrent à vous. Soit le retour à votre poste de travail premier (là où vous êtes tombé∙e malade) soit le transfert. Mais le transfert n’est pas un droit. Il dépend du libre arbitre de l’Etat-employeur. Et surtout, même si il est accepté dans son principe, le processus de transfert n’implique aucune obligation de résultat. L’employeur n’a pas à vous fournir un nouveau poste de travail. De mémoire syndicale, rares sont les collègues à avoir pu bénéficier d’un transfert abouti ces dernières années.

Vous demandez, comme le prévoit la LPers, à être transféré∙e. Le SPEV, vous invitera donc à postuler librement, comme toute personne intéressée par les postes vacants de l’administration cantonale, mais avec l’obligation d’informer, à chaque fois, l’employeur (ici les RH – votre case manager).

Informée de votre candidature et de votre situation, la main invisible de l’Etat employeur posera délicatement votre CV et votre lettre de motivation sur l’une des nombreuses piles d’actes de candidature. C’est ça le libre marché des postes vacants. Les chef∙fe∙s de service décideront comme le ferait n’importe quel patron du privé…

Décodage 7: retour à la case départ sans passer par le start

Arrivé∙e au bout du processus, sans avoir pu être transféré∙e, il ne vous restera plus qu’à retourner sur votre place de travail habituelle et continuer à souffrir, éventuellement, réduire votre taux d’activité et donc votre salaire ou, être simplement licencié∙e, car vous n’êtes plus en mesure d’assumer votre cahier des charges et la (sur)-charge de travail.

actionsyndicale1_maquette.qxdDécodage 8: le salaire, mais quel salaire?

Si vous êtes à nouveau en incapacité de travail, vous ne pourrez compter ni sur l’AI et sa révision, ni sur votre droit au salaire en cas de maladie. En effet les RH ont oublié de vous dire que pendant votre «stage thérapeutique», votre salaire avait été comptabilisé comme période de maladie sur le droit au traitement, 100% la première année et 80% les trois derniers mois.

Atteint∙e dans votre santé votre intégrité, vous risquez fort d’être licencié∙e, de vous voir proposer une convention de départ au mieux et de vous retrouver finalement au chômage.

Décodage 9: pathologie ou violence des conditions de travail?

Comment prouver qu’un mal de dos, une insomnie, une migraine, une dépression nerveuse, un ulcère à l’estomac, un infarctus ou… sont la conséquence directe de la pression du travail et de sa violence?

La surcharge de travail est un fait! Et les faits sont têtus! Pour imposer un accroissement des performances avec une forte diminution des moyens, la hiérarchie doit déployer de puissants leviers de pression, de contrôle, de surveillance, de discipline, de division et de mise en concurrence au sein des équipes. La pression systématique, l’agissement hostile, jusqu’au harcèlement et au mobbing constituent la déclinaison toujours possible d’une stratégie destinée à imposer le flux tendu, la recherche impitoyable de productivité, la liquidation de tous les instants où l’on peut souffler un peu pour reprendre pied. Les moins productifs/ves, les plus fragiles, sont repéré∙e∙s et destiné∙e∙s, systématiquement, au départ…

Décodage 10: ce sont les conditions et les rapports de travail qu’il faut changer

En effet, très souvent, les absences de collègues ne dévoilent que la dureté, la pénibilité et la souffrance face à la violence des conditions de travail et à «la caporalisation de l’action publique». A l’origine, le problème n’est pas médical. Si l’Etat employeur s’attarde sur des symptômes individuels, c’est qu’il refuse d’assumer ses responsabilités et de reconnaître que le mal vient des conditions de travail qu’il impose à l’ensemble du personnel!

Action syndicale!

Le SGFP et la Fédération syndicale SUD utiliseront tous les moyens – syndicaux, juridiques et politiques – pour que la responsabilité de l’employeur soit reconnue et qu’il soit condamné à l’assumer entièrement! Ce n’est pas à la collectivité, aux usagers/ères et aux salarié∙e∙s d’assumer les frais de la violence organisationnelle du travail.

Notre organisation syndicale aidera chacun et chacune à assurer la défense de son droit à la santé et à l’intégrité personnelle. Ce qui signifie très clairement que nous nous battrons pour que les salarié∙e∙s pris∙e∙s individuellement et les collectifs de travail ne se voient pas imposer des charges, des rythmes et une intensité du travail qui rendent malade. Nous nous battrons également avec chacun et chacune pour imposer partout des relations entre salarié∙e∙s et hiérarchie basées sur le respect du droit à la santé et à la personnalité et plus largement sur un accomplissement strict des droits fondamentaux des travailleurs travailleuses. Ceci signifie, entre autres choses:

– exiger le respect et l’accomplissement de toutes les dispositions définissant le droit à la santé et au respect de la personnalité!

– garantir un droit légal au salaire en cas de maladie, avec interdiction expresse de comptabiliser les «stages thérapeutiques» qui constituent une activité salariée!

– protéger la sphère privée et tous les éléments qui relèvent du domaine et du secret médical, notamment contre toute intrusion de la hiérarchie, des RH et du SPEV!

– refuser tout traitement et toute centralisation des données personnelles par la hiérarchie et le SPEV, hors des domaines expressément définis par la loi!

– interdire à la hiérarchie et au SPEV d’interférer dans une démarche médicale et thérapeutique!

– refuser, tant que vous êtes malade, toute remise en cause de votre emploi actuel (réduction du temps de travail, transfert imposé, licenciement, convention de départ, démission sous pression)!

N’hésitez pas à nous contacter sur tous ces problèmes avant que les situations ne se dégradent…

Agir et se défendre ensemble, SE SYNDIQUER!


Etat de Vaud: Simplification administrative…

Boycottez SimpA!

Attention aux manipulations. La Simplification Administrative (SimpA) signifiera d’avantage de travail, un travail plus normé, standardisé, surveillé, contrôlé, sanctionné, déqualifié et… à la fin, des suppressions d’emplois.

Ne soyez pas le collaborateur, la collaboratrice de votre propre surcroît d’exploitation. Boycottez le questionnaire de l’UCA.

Nous savons bien quelles sont les conséquences de l’organisation du travail en centre d’appel, avec une obligation de réponse en flux tendu, des temps de plus en plus réduits, une pression croissante.

L’Etat-employeur entend solliciter les employé∙e∙s pour un brainstorming à large échelle afin de collecter des idées pour:

– faciliter les démarches administratives

– faciliter et rationaliser le travail des collaboratrices et des collaborateurs de l’administration cantonale vaudoise

– le tout, bien entendu, sans aucun coût supplémentaire!

Cela se fera sous la direction de l’UCA – Unité de conseil et d’appui en management et organisation – (qui n’a rien à voir avec l’audit neutre et indépendant). La démarche de simplification ne cherche nullement à défendre et à développer un service public fort, de qualité et d’efficacité, capable enfin de répondre aux besoins de plus en plus importants de la grande majorité des usagers/ères de notre canton.

La démarche de simplification ne veut pas accroître les effectifs du service public, améliorer les conditions de travail, soulager la grande majorité des employé∙e∙s de l’Etat de Vaud de la surcharge de travail de plus en plus importante.

La démarche SimpA (Simplification de l’Administration) avec sa petite boîte à idée cool et sympathique a déjà trouvé les solutions et s’en fout royalement des attentes et des espoirs des salarié∙e∙s et des usagers/ères.

Ainsi, avec le soutien des chef∙fe∙s de service, des cadres, des RH et des responsables de la communication – Communicator – elle ne vise qu’à acquérir une légitimité, faire croire qu’elle veut impliquer les gens et surtout, à détourner l’attention des vrais enjeux, évidemment, tout sauf SimpA…!

Nous avons connu l’époque où nous pouvions faire plus avec plus, et venue ensuite la période où il fallait faire plus avec moins, viendra bientôt le règne où nous serons amené∙e∙s à faire moins avec moins! Tout sauf SimpA, une fois de plus…! Entre temps, l’Etat de Vaud annonce un bénéfice brut pour 2009 de près de 1 milliard…

Figures d’avenir pour la démarche SimpA

Un matin, comme tous les matins, Mireille, Chantal, Anna, Jean ou Paolo s’installent rapidement, après avoir timbré sous le regard sévère du sous-chef – de la sous-cheffe, à leur place de travail.

Dans une énorme salle, réunissant des dizaines d’employé∙e∙s, séparé∙e∙s par une mince et transparente paroi, la boule au ventre, ils/elles se mettent immédiatement au travail sans pouvoir même échanger un salut ou un petit sourire complice, sans poser de questions.

Aucun objet personnel, ni même une plante ou un poster pour apporter une petite touche de couleur dans cet espace blanc, sous vide, incolore et inodore, toute forme de personnalisation du poste de travail est interdite.

Chacun pour soi, isolé∙e, le regard fixé devant les écrans, l’employé∙e est constamment surveillé∙e par le système informatique. Toute interruption du travail, toute pause est signalée au chef ou à la cheffe. A chaque arrêt, il faut ressaisir le mot de passe sur le clavier (login de contrôle). Et si l’absente est trop longue, on croise, comme par hasard son chef – sa cheffe à la cafétéria ou dans les corridors menant aux toilettes.

Quant aux prestations publiques, toutes les tâches sont modélisées. On arrive ainsi à mécaniser, à automatiser la manière de travailler, de penser, d’agir et même de s’exprimer.

Simplification dites-vous?

En réalité, on supprime simplement et purement une grande partie des prestations pour se limiter au juste nécessaire. Rien de plus et interdiction d’en faire plus. C’est ça faire moins avec moins. Rationalisation oblige…

Contrôle toujours et encore, les chef∙fe∙s, grâce aux nouvelles technologies de l’information, à la rationalisation et à l’automatisation apportent un contrôle plus serré de la production individuelle, détruisent le temps mort et garantissent une intensification du travail et donc une diminution des effectifs. Ainsi avec le temps, on détruira le métier, la mémoire et le savoir faire du fonctionnaire dans le sens noble du terme et bien entendu le service public…

Quant aux effets néfastes dans la relation avec les usagers et sur la santé des employé∙e∙s, l’Etat-employeur développera son éventail de cours sur la gestion du stress, sur la gestion des conflits et proposera même, au diable l’avarice, des séances de yoga ou des sorties team bulding vous proposant de remonter en canoë, mais sans la pagaie, le cours d’eau de notre douce et belle Venoge…

Vraiment SimpA? Agissons solidaire, uni et démocratique!

La simplification administrative ne signifie rien d’autre qu’une remise en cause des prestations, du service public et des métiers liés à ce dernier. Elle est dangereuse non seulement pour les usagers/ères, mais aussi pour les conditions de travail et la santé de l’ensemble des employé∙e∙s.

Nous invitons chacune et chacun à ne pas compléter le formulaire en ligne – boîte à idées – (www.vd.ch/acteurs_simpa) mais à dénoncer les conditions de travail, l’intensification du labeur et du contrôle, la souffrance croissante sur les lieux de travail, sa violence, le mal-être et l’arbitraire.

Exigez plus de moyens en ressource, en temps et en personnel. Défendez votre métier et le service public. Demander des espaces/temps libres pour des échanges avec les collègues et les usagers/ères afin de rendre un service public fort, efficace dans un esprit d’égalité et de justice sociale.

Le SGFP et SUD agiront contre toutes les tentatives d’imposer sans les effectifs et les moyens suffisants de nouvelles charges de travail au personnel sous prétexte de simplification administrative. Signalez nous toute modification de votre volume et de votre intensité de travail face à cette démarche pas SimpA du tout.

 

Baisse de nos rentes, RAS?

actionsyndicale1_maquette.qxdOn le sait déjà et on l’annonce depuis fort longtemps, l’Etat veut s’attaquer aux rentes actuelles et futures de la CPEV par des réformes dites «structurelles». En attendant, il offre d’une main une allocation unique et prend de l’autre l’indexation des rentes. Résultat, on y perd.

Ainsi, les pensionné∙e∙s de la Caisse ont reçu ou vont recevoir une allocation extraordinaire en 2010. (Fr. 1000.- pour les retraité∙e∙s et invalides définitifs / Fr. 600.- pour les veufs/ves et concubin∙e∙s / Fr. 200.- pour les orphelin∙e∙s. Mais, il y a toujours un MAIS, cette somme ne peut pas être supérieure à la rente mensuelle versée.

Cadeau empoisonné!

C’est le triste résultat d’un accord signé entre le Conseil d’Etat et la FSF (Fédération des sociétés de fonctionnaires dont l’Union de retraités de l’Etat est membre)! L’Etat de Vaud a pris aux retraité∙e∙s 54 millions qui devaient être destinés à financer l’indexation. Le plus incroyable dans cette affaire est la présentation de la manœuvre. Le Conseil d’Etat prétend qu’il y est pour 14 millions de sa caisse sous couleur d’atteindre le degré légal de couverture de la CPEV. Bonneteau, bonneteau.

En effet, sur les 59 millions que l’Etat s’était engagé à verser au fonds d’indexation des rentes, ce ne seront que quelques 5 millions qui seront utilisés pour verser cette allocation extraordinaire. Le reste servira à compenser les effets du nouveau système salarial (DEFCO/  SYSREM) sur la caisse générale de la CPEV. Donc l’employeur public a ainsi mis en place un nouvel élément de DECFO/SYSREM. Après avoir réévalué une partie des salaires et baissé une autre partie des traitements, le voilà qui paie les coûts en caisse de pensions que supposent les salaires augmentés non en puisant dans la caisse générale de l’Etat mais en détournant l’argent destiné à l’indexation des rentes. On croit rêver. Les retraité∙e∙s doivent payer pour les actifs/ves et honorer les engagements du Conseil d’Etat.

Indexation ou indemnité?

Ainsi, remplacer simplement et purement une indexation par une allocation unique, permet non seulement à l’Etat-employeur de limiter ses coûts, mais aussi, le libère à l’avenir de ses obligations: l’allocation ne constitue nullement un droit acquis! Cette conception entre désormais en force.

Car le problème est bel et bien là. La retraite que nous assure la CPEV est un salaire différé. Tout salaire représente un pouvoir d’achat. S’il n’est pas indexé, son pouvoir d’achat diminue. Effectivement, la rente baisse. Or, l’indexation des rentes de la CPEV n’a aucun financement garanti. La Caisse a beau avoir une provision de 120 millions pour indexer, son Conseil d’administration – ou plutôt la majorité de ses membres – refuse de le faire.

A cela s’ajoutent les besoins de financement de la Caisse pour atteindre le degré de couverture et ce que nous coûtera l’obligation de couverture à 80% des caisses publiques dans les prochaines 40 années. Là non plus l’Etat ne voudra pas payer et attaquera cotisations et rentes.

Pour le SGFP (et telle la position que nous défendons avec les autres représentant∙e∙s de SUD), l’indexation doit être garantie et financée par l’Etat dans sa partie de cotisation employeur. Notre revendication est donc simple: garantie du pouvoir d’achat des rentes, pas de baisse de notre salaire différé.

Nous exigeons le déblocage immédiat des 120 millions et le paiement intégral de l’indexation ainsi que l’ouverture de négociations entre syndicats du personnel et employeur public pour déterminer un financement intégral de l’indexation. Et pour nous, la cause est entendue. C’est à l’employeur de payer par une augmentation de sa cotisation. Les finances cantonales ne nous démentiront pas.

Le non-paiement de l’indexation suppose une baisse des revenus des retraité∙e∙s. L’indemnité au rabais négociée entre FSF et Conseil d’Etat ne couvre en aucun cas l’augmentation du coût de la vie depuis 2008. Elle entérine une politique de diminution structurelle des rentes. C’est la garantie d’indexation qu’il faut conquérir.

Actifs/ves et retraité∙e∙s sont naturellement solidaires dans une telle exigence. Le SGFP va lancer avec les autres organisations de SUD, un collectif pour la défense des intérêts des retraité∙e∙s de la fonction publique, le RAS. RAS non pour «rien à signaler» mais pour «Retraité∙e∙s – Actifs/ves – Solidaires».

 

Brèves

Personnel administratif: exigeons le retour de la promotion automatique

Fortement féminisés, les métiers du secrétariat ont fait l’objet d’une «re-visitation» dont les conclusions sont négociées entre les syndicats (FSF, SSP et SUD) et le Conseil d’Etat. Le système précédent intégrait expérience et ancienneté et assurait une certaine automaticité de la promotion et de la progression salariale. Avec DECFO/SYSREM, cette progression a été détruite. Chacun∙e n’a qu’un niveau et une fonction, sans automaticité de promotion. Le SGFP et SUD revendiquent:

1. une négociation pour la reclassification de TOUS les métiers de l’administration et du secrétariat,

2. la réintroduction d’une progression automatique par expérience, ancienneté, validation des connaissances et disponibilité à accomplir les tâches (sur le modèle du personnel infirmier). Ce parcours salarial doit permettre de progresser de trois niveaux sur une carrière. Les conditions de passage des fonctions d’assistant∙e de gestion à adjoint∙e de gestion et de secrétaire médical∙e à secrétaire médical∙e principale doivent être établis sur ces bases. Elles doivent correspondre à une promotion automatique, au bout de 5 ans d’activité, selon un effet de cliquet combinant l’ancienneté et la validation d’expérience (VAE),

3. l’accès aux emplois d’attaché∙e de direction doit pouvoir se faire aussi par processus de validation des connaissances et/ou formation ad hoc.

 

Etat de Vaud: précarisation & dumping salarial

Normalement, l’Etat de Vaud emploie des auxiliaires pour répondre à des travaux irréguliers et ponctuels. Ces auxiliaires sont en CDD (contrat à durée déterminée). Ils/elles ont des salaires, fixés par le SPEV, qui sont en dessous des traitements ordinaires et des droits sociaux réduits, notamment en matière de droit au salaire en cas de maladie.

Ce statut d’auxiliaire est injuste et précarisant en lui-même. Mais la pratique de l’Etat de Vaud est elle purement scandaleuse car elle emploie les auxiliaires pour réaliser des tâches régulières, là où il devrait y avoir des emplois stabilisés.

Nous avons trouvé des personnes qui sont auxiliaires parfois depuis 10 ou 20 ans, avec des CDD à la chaîne.

Il y a aussi des personnes qui ont des CDD à la chaîne mais qui ne sont pas auxiliaires. Elles sont payées selon la classification ordinaire de l’Etat, mais elles n’en demeurent pas moins terriblement précaires.

L’employeur public doit appliquer la loi et cesser ces pratiques arbitraires.

Il ne doit plus y avoir d’auxiliaires avec des contrats à durée déterminée à la chaîne. Ces employé∙e∙s doivent être immédiatement régularisé∙e∙s, mis.es au bénéfice d’un CDI et traité∙e∙s selon le régime ordinaire de la fonction publique. Plus largement il ne doit plus y avoir de CDD à la chaîne ni pour les auxiliaires ni pour les employé∙e∙s «ordinaires».

Le CDD ne peut dépasser deux ans. Il peut être renouvelé jusqu’à 3 fois, mais si la durée totale des contrats dépasse quatre ans dans le même poste ou dans la même fonction, il se transforme automatiquement en CDI.

Nous avons ouvert un certains nombre de procès contre les abus de l’employeur public sur le terrain du travail auxiliaire et du recours aux CDD. Bientôt des nouvelles.

 

8,33% à encaisser!

Dans la jurisprudence «orange», en référence à une action en justice menée contre une grande compagnie de télécommunications, le tribunal a déclaré que toute prime non intégrée au salaire devait être augmentée de 8,33% pour la durée des vacances.

Ainsi, et soyez très attentives et attentifs, si vous bénéficiez d’une indemnité ou d’une prime et non intégrées dans votre salaire, avec les couvertures du 2e pilier qui s’imposent, vous êtes en droit d’exiger une augmentation supplémentaire de 8,33%! A vos calculettes… Prenez contact avec nous pour obtenir cette augmentation de 8,33% sur les primes et indemnités.

 

Promotion, tout ce qui brille n’est pas de l’or

Méfions-nous! Vous pouvez aujourd’hui être appelé∙e à effectuer des tâches qui débordent très largement votre cahier des charges. L’employeur prétend introduire une variabilité des tâches en vous donnant une prime provisoire et limitée dans le temps pour des travaux qui modifient substantiellement le cahier des charges. Ainsi, on ne vous accorde pas la promotion. C’est un développement de la promotion… sur appel.

 

Méfions-nous encore! En cas de promotion, vous aurez une nouvelle fixation de salaire initial qui risque bien de réduire votre augmentation à la portion congrue. En effet, en jouant entre l’âge de référence (âge théorique du début du travail dans une fonction) et les annuités qui vous seront reconnues au moment de la promotion (0%, 33%, 66% ou 100% de votre ancienneté selon l’évaluation de la valeur de votre expérience décidée par le SPEV), vous risquez fort d’avoir un niveau très bas d’ancienneté reconnue dans votre nouvelle fonction et donc une promotion salariale réduite.

 Avertissez-nous en cas de promotion pour que l’on vous aide à décoder un peu cet embrouillamini.

 

Mouvement dans les chaînes

Toujours dans les promotions, méfions-nous. Et de trois. Une chaîne comprend en principe trois classes de salaire et une seule fiche métier. Vous pouvez passer d’une classe de salaire à une autre à certaines conditions et avec une modification du cahier des charges. Donc avec une promotion. Les conditions de certaines promotions sont plus ou moins connues. Elles impliquent, par exemple, de l’ancienneté, des responsabilités particulières, des formations supplémentaires et des certifications.

Mais attention! Vous aurez beau avoir rempli toutes ces conditions, la promotion vous ne l’aurez pas. Pourquoi? Parce qu’il faut encore qu’il y ait un poste libre correspondant à la dite promotion, soit par départ de la personne qui l’occupait, soit par décision de création de l’autorité. Si le poste manque, pas de promotions! En vous appâtera donc avec la perspective d’une promotion future et en attendant vous ferez le travail gratuitement ou avec une prime limitée (voir plus haut).

 

Procès TRIPAC et Commission de recours

Les chiffres varient selon les sources. Il y a de 1500 à 1700 dossiers à la Commission de recours et plus de 600 au TRIPAC. Les adhérent∙e∙s SGFP, en transition indirecte ou semi-directe pour la plupart, sont surtout concerné∙e∙s par la Commission de recours.

L’employeur public n’a pas dégagé jusqu’ici les moyens pour faire face à cet afflux. Les prévisions parlent de deux à quatre ans au moins pour traiter ces cas. Autant dire qu’avec de tels délais nous risquons le déni de justice. Des informations supplémentaires dans le prochain SUD-Info (consultable sur le site internet de SUD dès le 30 avril. Pour les personnes n’ayant pas accès à internet, contactez-nous, on vous en fera parvenir une copie papier).

N’hésitez pas à visiter le site de www.sud-vd.ch!

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