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édito 

Le Conseil d’Etat a décidé de bloquer toute évolution salariale transformant les classifications et le système DECFO-SYSREM. Cela revient à liquider les négociations avec les organisations syndicales et, au-delà, à remettre en cause le principe même de la négociation entre employeur public et organisations du personnel.

D’autre part, le Conseil d’Etat refuse obstinément de mettre en route les organes pourtant prévus par la Loi sur le personnel, par les autres textes légaux et par les engagements pris par le gouvernement lors des négociations de 2008. L’exemple le plus clair de cette stratégie c’est le refus de mettre en place la Commission de réexamen des fonctions, sous prétexte qu’il y a des procès en cours au Tripac (Tribunal des prud’hommes) ou des contestations à la Commission de recours.

Le Conseil d’Etat tente donc de conquérir un pouvoir discrétionnaire et d’imposer une situation d’arbitraire sur le terrain salarial. Comme nous le verrons plus loin, dans un autre texte de ce numéro, il y a également blocage des démarches à la Commission de recours et au Tripac. Donc, le système n’intègre plus aucune possibilité de correction ou de négociation.

Raisonnablement chacun et chacune peut bien réaliser que pour faire entendre notre voix et faire aboutir une revendication, aussi modeste soit-elle, il faut exercer sur l’employeur public une pression forte qui le fasse revenir à la table de négociations et qui l’oblige à mettre en route les mécanismes qui permettent une modification du système, fût-elle modeste, en l’occurrence la Commission de réexamen des fonctions.

En conclusion, nous aurons ce que nous lutterons. Il faut s’y remettre.

C’est parti!

Ce qu’il faut expliquer ce n’est pas que l’affamé vole ou que l’exploité fasse grève, mais pourquoi la majorité des affamés ne vole pas et pourquoi la majorité des exploités ne fait pas grève.
Wilhelm Reich

 

C’est le Conseil d’Etat qui commande

actionsyndicale3.qxdLiquidation des droits, arbitraire, blocage du système

La situation peut apparaître un peu complexe au premier abord mais, au fond, pas tellement que ça. Reprenons. Plus de 700 cas au Tripac et 1700 à la Commission de recours. Au CHUV, c’est cette dernière qui examine les demandes du personnel. Au train où cela va, il faudra entre trois et cinq ans pour examiner toutes ces causes. Sans compter les recours au Tripac contre des décisions de la Commission de recours. Autant dire que nous sommes dans une situation de déni de justice pour une grande partie des personnes qui ne pourront pas faire entendre leur cause dans des délais raisonnables.

A cette situation de base s’ajoute un fait nouveau et préoccupant. La Commission de recours explique qu’une large partie des causes ouvertes auprès d’elle ne correspond pas à des demandes individuelles, mais bien à des démarches impliquant une revalorisation de fonction. C’est-à-dire, effectivement, une démarche collective qui se décline en contestations individuelles. La Commission de recours explique donc qu’elle n’est pas compétente pour traiter les demandes de reclassification des fonctions et suggère de les renvoyer à la Commission de réexamen. Problème: le Conseil d’Etat refuse de constituer et de mettre en route dite Commission de réexamen tant qu’il y a des procès et des contestations. L’attitude arrogante de l’employeur a bloqué le système qu’il avait lui-même mis en place. Des centaines de personnes risquent de n’avoir pas les moyens de faire entendre leur cause.

Mais, tout cela ne suffit pas, bien entendu à leurs Excellences du Château! Il faut qu’elles en rajoutent encore une couche. Voici comment. Jusqu’ici, le Conseil d’Etat faisait semblant pour classer les fonctions de recourir à une méthode avec les marges de manœuvre et d’adaptation que celle-ci lui accordait. C’était évidemment de l’esbroufe et du bonneteau, mais quelques apparences étaient sauvegardées. Désormais, il n’y a plus d’apparence. Toute décision émane du fameux principe étatique vaudois «on va bien voir qui commande ici». Le Conseil d’Etat procède donc de deux manières. Tout d’abord, il tente d’empêcher l’instruction des procès au Tripac et donc, du même coup, d’empêcher qu’une justice équilibrée soit rendue. S’appuyant sur la Loi sur l’information, le Conseil d’Etat décide de s’octroyer le pouvoir énorme de refuser la production de toute pièce ou de tout témoignage qui lui déplairait dans une cause. Du coup, il conditionne totalement toute démarche juridique et met à mal la fonction et les compétences mêmes du Tribunal. Il sabote l’instruction. SUD a dû recourir au Tribunal cantonal et au Tribunal fédéral pour arrêter cette dérive périlleuse. Nous avons gagné en bonne partie et on en est aujourd’hui à ce qu’un juge ordonne contre l’Etat de Vaud une perquisition en bonne et due forme pour faire saisir une pièce dans un des procès Tripac. On croit rêver devant cette mise en cause de droits fondamentaux des personnes, des citoyen∙ne∙s et des salarié∙e∙s de l’Etat.

Si le Tribunal ne peut pas instruire et établir les faits, il ne peut juger en connaissance de cause!

Cette affaire est d’autant plus importante que si l’employeur public l’emportait, tous les procès actuels au Tripac seraient compromis mais aussi tous les procès futurs. En effet, le Tripac est la voie de recours si la décision de la Commission de recours ne satisfait pas le/la plaignant∙e. Donc, nouveau risque de blocage pour les personnes qui contestent leur situation salariale et de classification.

Et comme si cela ne suffisait pas, leurs Excellences du Château commettent un nouvel exploit. Encore une fois, jetant aux oubliettes leur fameuse méthode scientifique et légitime, ils introduisent des changements importants dans le système de classification DECFO-SYSREM. Ils ont choisi l’enseignement secondaire post-obligatoire pour leur expérience pilote. Sans négocier avec les organisations syndicales, le Conseil d’Etat change par une décision du 9 février 2011, un certain nombre de classifications et la structure de quelques chaînes. On confirme l’arbitraire. Certaines personnes s’en tirent à peu près, d’autres voient leur situation péjorée. Et le tout s’applique avec effet rétroactif à décembre 2008!

Il ne prend la peine de justifier cela par aucun recours à la méthode. A vrai dire, il ne prend même pas la peine de rendre publique sa décision. C’est un pur fait d’arbitraire, un exemple du fameux «on va bien voir qui commande ici». Le problème c’est que le Conseil d’Etat peut bien renvoyer aux poubelles de l’histoire son fameux système DECFO-SYSREM mais il ne peut mettre à mal allègrement les dispositions légales et réglementaires.

Donc, nouveau blocage, nouveau problème. En effet, si le Conseil d’Etat peut de manière discrétionnaire modifier à tout moment, et avec effet rétroactif, les classifications, cela signifie que chacun et chacune est menacé∙e et qu’il n’y a plus aucune sécurité du droit, du contrat et de la situation acquise. Au fond, il n’y a même plus de système de classification. Le seul système c’est la volonté arbitraire de l’employeur. Donc, atomisation des situations, individualisation des salaires, précarisation des statuts et des positions individuelles.

Naturellement, à SUD, nous allons livrer la bataille juridique et proprement syndicale contre cette dernière décision, aussi. Mais, il est clair, comme nous le disions déjà dans l’édito, que seule une nouvelle mobilisation d’envergure va arrêter cette dérive autoritaire et arrogante et permettre la réouverture de l’ensemble des voies de négociation. Y compris l’activation des garanties légales et des mécanismes d’examen et de règlement des problèmes prévus par les dispositions légales et réglementaires, ainsi que par les engagements politiques du Conseil d’Etat.

L’urgence salariale

DECFO-SYSREM était et reste inacceptable. Il faut changer le système. Plus de 40% des salarié∙e∙s de l’Etat ont perdu en salaire carrière. De nombreuses revendications n’ont pas été prises en compte.

Avant, à égalité de titre et de qualification, on avait la même classification et le même salaire dans toute la fonction publique. Désormais, c’en est fini. Au fond, nous sommes dans une situation où chaque poste est individualisé, évalué et «coté» par l’employeur d’après des critères obscurs, flottants et largement arbitraire dans leur définition comme dans leur application. Donc, si au CHUV on gagne moins, c’est parce que, selon le système, il y a davantage d’encadrement et moins d’autonomie qu’ailleurs. L’égalité des titres et des qualifications est disqualifiée par cet élément. Pour pouvoir avancer salarialement, il faut donc avoir plus de diplômes qu’ailleurs ou consentir, toujours plus qu’ailleurs dans la fonction publique, à des contraintes de travail supérieures.

Il faut imposer le réexamen de toutes les fonctions dont les travailleurs/euses demandent la ré-évalutation. Pour y arriver, il y a en tout cas trois voies. Soit la négociation directe avec l’employeur, soit le passage par la Commission de réexamen des fonctions, soit les actions ouvertes à la Commission de recours en début 2009. Comme nous l’avons vu, ces trois voies sont totalement ou partiellement fermées, avec de clairs éléments de dysfonctionnement pour la Commission de recours et pour le Tripac.

Mais le problème salarial ne s’arrête pas là. Il y a un certain nombre d’éléments du revenu salarial (primes, gratifications, primes d’ancienneté, heures supplémentaires, indemnités pour différents frais, etc.) qui doivent être revalorisés. Le principe revendicatif ici est simple: tout élément du revenu salarial qui n’est pas compris dans le salaire direct doit être automatiquement indexé au coût de la vie et périodiquement renégocié dans son montant. En fait, tous ces éléments du revenu salarial devraient être inclus dans le salaire direct et bénéficier de l’indexation et des mécanismes salariaux.

Il importe ici de souligner deux autres choses. Les primes ou gratifications à l’ancienneté sont suspendues depuis des années. A l’origine, cette suspension avait été justifiée par les difficultés financières de l’Etat. Il n’y en a plus aucune aujourd’hui. Si on ne concède pas ces gratifications auxquelles les salarié∙e∙s ont droit c’est simplement parce que leurs Excellences en ont décidé ainsi au mépris de la lettre même de la loi et par une utilisation de la suspension qui est inacceptable, car elle est de durée… indéterminée!

Il faut donc que cette gratification soit remise dans le circuit. Comme pour toute la question salariale, il y a de l’effort et de la mobilisation à faire, mais il y a aussi un élément juridique dans ce combat à livrer. Nous y reviendrons bientôt!

Pour ce qui est des heures supplémentaires, nous pensons que là aussi il y a un chantier à ouvrir. Les heures supplémentaires doivent être payées, à l’Etat comme ailleurs, au minimum à 125%. C’est, salarialement parlant, justice. C’est aussi un moyen d’empêcher la croissance du temps de travail. Cette revendication est d’autant plus légitime que les heures supplémentaires interviennent à la marge, dans un contexte de flexibilité du temps et de l’organisation du travail largement favorable à l’employeur.

Enfin, il y a une revendication centrale. C’est celle de l’augmentation pour toutes et tous d’une classe sur le parcours de carrière. C’est la généralisation du fameux «cliquet». Ce gain d’une classe répond à l’accroissement de l’habileté, de la productivité et de l’expérience au cours d’une vie au travail. C’est la fameuse VAE, Validation des Acquis et de l’Expérience. Le «cliquet» constitue aussi une manière de rééquilibrer les injustices salariales de DECFO-SYSREM. C’est un élément déterminant car DECFO-SYSREM a fait perdre de l’argent sur salaire-carrière à une très large fraction du personnel public. Cela était et demeure inacceptable et le combat contre ces réductions de salaire doit continuer, notamment par le biais de cette revendication.

Enfin, nous l’avons dit et le répétons, SUD maintient en matière salariale la position suivante: entre le début et la fin d’une carrière, le salaire doit au moins avoir doublé, augmentations et indexation comprises. La généralisation du cliquet est une revendication qui permet de matérialiser cette exigence.

Donc, vaste chantier dans lequel nous n’avancerons pas sans lutter!

VIOLENCE AU TRAVAIL:

L’utilisation de la menace du licenciement avec effet immédiat

Au nom de la modernisation de l’Etat (coupes budgétaires, stratégies de rationalisation nommée sympathiquement SIMPA, mais fort détestables en fait et remettant en cause profondément le service public) nous assistons à une hiérarchisation profonde du travail et à une volonté de disciplinariser les salarié∙e∙s, de les contrôler à tout instant, de les fliquer. Les conditions de travail ne cessent de se détériorer avec les méthodes de management perverses et la violation systématique et trop souvent impunie du droit du travail et de la Lpers.

Par les temps qui courent, l’employeur voudrait que le droit de vivre de l’employé∙e dépende entièrement de sa volonté et de ses besoins. Au cœur de cette inégalité, dans l’actuelle stratégie dite des «ressources humaines», le/la travailleur/euse ne peut être que totalement subordonné∙e, obligé∙e de tout accepter, les ordres contradictoires, les humiliations, le rythme de travail, les objectifs jusqu’aux évaluations tronquées. Il/elle doit garantir une disponibilité totale, de corps et d’esprit, sur le temps de travail et sur le temps libre. Il/elle doit être transparent∙e, mobilisé∙e en permanence et accepter comme les siens propres, et sans le moindre esprit critique, les objectifs, démarches et initiatives de l’employeur.

Comment soumettre l’employé∙e?

Pour faire accepter la subordination et donc l’exploitation, l’employeur, sa direction, ses cadres intermédiaires, autres hiérarques et employé∙e∙s de confiance, utilisent la pression, les représailles, les rétorsion et bien d’autres différentes formes de violence symbolique ou matérielle, plus au moins subtiles. Parmi ces armes destructrices, il y a le licenciement. Un licenciement qui se prépare toujours à l’avance, qui se construit minutieusement et avec rigueur. On cherche la faute, on pousse à la faute, on la provoque et parfois on la crée de toute pièce…

La résiliation ordinaire art. 59 Loi sur le personnel de l’Etat de Vaud (LPers)

A l’exception de la suppression de poste (art. 62 LPers) et de la suppression de plusieurs postes (art. 63 LPers), nous avons la résiliation ordinaire (art. 59 LPers). L’autorité d’engagement peut, après avoir notifié un avertissement par écrit, résilier le contrat de travail en faisant valoir: la violation des devoirs, l’inaptitude avérée et la disparition des conditions d’engagement.

En cas de reconnaissance du caractère abusif du licenciement, l’employé∙e peut bénéficier d’une indemnité (12 mois de salaire maximum), d’un droit à la réintégration mais sans obligation de résultat pour l’employeur ou d’un droit à une réintégration totale en cas de licenciement abusif lié à une répression pour appartenance ou activité syndicale. Cette protection, exceptionnelle en Suisse, a été obtenue par la mobilisation. SUD y a apporté une contribution décisive. Malheureusement, en cas de licenciement avec justes motifs et effet immédiat, une telle protection saute! Il y a donc un travail urgent et décisif à l’étendre à tout licenciement avec effet immédiat jugé injuste et disproportionné.

L’arme fatale: la résiliation immédiate (art. 61 LPers)

Le licenciement avec effet immédiat constitue la mesure la plus brutale dont dispose l’employeur contre son/sa salarié∙e. Il implique pour l’employé∙e la perte immédiate de son salaire, de son travail et de son statut. Les conséquences sur le plan professionnel, social et privé sont d’une extrême gravité. Certains répliqueront à haute voix que c’était bien mérité. Que Tartan Pion n’avait pas à commettre une telle faute justifiant un licenciement avec effet immédiat!

Douce et innocente pâquerette

Le problème ne se situe pas là. Il ne s’agit pas de savoir, comme pour la première marguerite que l’on cueille, si c’est un peu, moyennement, beaucoup ou pas du tout justifié. Non, l’enjeu se situe ailleurs, dans la capacité de l’Etat employeur à imposer et à exhiber sa toute puissance.

En effet, si le Tribunal reconnaît que le licenciement avec effet immédiat est abusif et non justifié (ce qui est, malheureusement, souvent le cas), Tartan Pion pourra certes bénéficier d’une indemnité de six mois de salaire au maximum (ce qui est très rare). Par contre, il ne pourra jamais réintégrer son poste de travail. Selon l’employeur, la décision est irrévocable! Quant aux collègues présents et témoins, la docilité et l’obéissance leur sont brutalement suggérées. Le message de l’employeur est clair: toute indépendance d’esprit et toute solidarité, doivent s’envoler comme les pétales de la marguerite…

Sur le plan juridique, nous travaillons actuellement pour que le licenciement avec effet immédiat, s’il est reconnu injuste par le Tripac, soit considéré comme nul et doive revenir, si l’employeur entend rompre malgré tous les rapports de travail, à la démarche du licenciement ordinaire, obligatoirement précédé d’un avertissement.

Ce qu’il faut souligner et ce n’est pas le fruit du hasard, c’est que ces licenciements avec effet immédiat interviennent souvent dans des services qui connaissent ou vont connaître une réorganisation, une restructuration ou dans des secteurs où une certaine culture intellectuelle indépendante s’est développée chez les employé∙e∙s.

Ils sont une arme pour intimider les collectifs de travail et liquider rapidement des personnes gênantes.

La menace du licenciement reste une des méthodes de contrôle les plus brutales des travailleurs/euses. La peur…

Notre syndicat, ainsi que sa Fédération syndicale SUD, demandent l’ouverture de négociations. Notre revendication est très simple et facile à appliquer:

En cas de résiliation immédiate pour justes motifs, reconnue comme licenciement injustifié par les tribunaux compétents, les dispositions de l’article 60 LPers sont appliquées aux personnes injustement licenciées.

Tout ceci est très facile en effet, il suffit d’ajouter à l’article 61 LPers, un alinéa 3 en ce sens!

Retrouvez les articles de la LPers sur le site internet de l’Etat de Vaud:

http://www.vd.ch/themes/etat-droit-finances/personnel-de-letat/bases-legales/

 

Brèves – trop brèves

Deux grandes victoires pour le collectif des nettoyeuses accompagné par SUD au féminin!

Pendant de trop nombreuses années, l’Etat employeur a refusé d’accorder les mêmes droits aux nettoyeuses qu’à l’ensemble du personnel de l’Etat de Vaud. Elles sont restées auxiliaires, précaires, sous-payées et sans protection. Mais, avec SUD un groupe de courageuses nettoyeuses a engagé la lutte et…

1re victoire

Elles ont gagné au Tribunal la reconnaissance du travail de nettoyage par un vrai contrat de travail leur donnant des droits similaires à ceux du personnel de la fonction publique (salaire minimum de Fr. 3’500 fois 13 et application totale de la LPers). Du coup, significative augmentation des salaires.

2e victoire!

Avec l’entrée en vigueur du nouveau système salarial, l’Etat de Vaud n’a pas voulu intégrer le personnel de nettoyage dans la nouvelle grille des salaires, laissant ainsi les nettoyeuses sans augmentation annuelle de salaire sur toute une carrière alors que l’ensemble du personnel bénéficie d’une progression salariale automatique.

Donc SUD a ouvert un nouveau procès contre l’Etat de Vaud

Résultat, dans le cadre du procès, le Conseil d’Etat a signé une convention avec SUD donnant droit aux nettoyeuses d’intégrer, avec effet rétroactif au 1er janvier 2009, le système salarial. Non seulement leur salaire va enfin augmenter d’année en année, mais elles pourront bénéficier d’un rattrapage salarial et d’une reconnaissance d’ancienneté.

Prudence

Il s’agit à présent de veiller à ce que l’Etat de Vaud respecte la convention signée avec notre Fédération syndicale SUD. Selon les premières informations, l’employeur public n’a pas respecté ses engagements. Il n’a pas donné au personnel de nettoyage les informations indispensables pour comprendre la nouvelle situation salariale. Et il semble bien que les montants rétroactifs posent problème… Et de gros problèmes. On va donc s’y remettre.

La lutte continue

Il faut étendre la lutte à l’ensemble du personnel de nettoyage travaillant à l’Etat mais sous contrat avec une entreprise privée. Nous devons exiger les mêmes conditions de salaire et de travail que le personnel de l’Etat!

 

Service pénitentiaire: réforme des prisons vaudoises

Vol au dessus d’un nid de coucou

En attendant la journée portes ouvertes dans les prisons vaudoises, le Conseiller d’Etat Philippe Leuba et son Chef de service a.i. M. Denis Froidevaux ont présenté un bilan des réformes entreprises au Service pénitentiaire vaudois. 12 mois après le décès tragique d’un détenu mort asphyxié dans sa cellule…

Il faudra cependant encore attendre 21 mois pour développer les «valeurs internes, (…) développer et mettre en place une politique des risques et du management de crise et enfin (…)» mais surtout, «rédiger une charte éthique et déontologique.»

Et oui, le temps est long, très long, surtout en prison…

De qui se moque-t-on? Tout le monde sait que la gestion du personnel est particulièrement dure et arbitraire dans les prisons. Le système fonctionne à coups de sanctions, d’intimidations et de paternalisme. Le service rêve d’une armée marchant au pas et obéissant au doigt et à l’œil.

Il y a un lien irrémédiable dans une prison entre les droits du personnel et ceux des détenu∙e∙s. Quand les droits fondamentaux, la qualité de vie, la possibilité de parler de l’une ou de l’autre catégorie n’est pas respectée, le mal s’étend toujours à l’autre. Quant tout un système manifeste de l’inhumanité, le pouvoir qui le dirige s’en prend aux prisonniers/ères come à ceux-celles qui les gardent.

C’est pourquoi il est juste et solidaire de défendre les droits fondamentaux inséparables des uns et des autres.

MERCI PATRON !

La Gazette du 30 mars 2011, journal de l’Etat patron, consacre un dossier spécial à la retraite.

Ainsi, nous apprenons, au fil des pages, que deux cours CEP pourront nous aider à négocier ce changement de vie important pour chaque employé∙e. Pour autant, bien entendu, qu’il/elle puisse arriver à l’âge de la retraite en bonne santé ou vivant∙e. Heureusement quatre cadres et une enseignante peuvent témoigner du grand défi que représente la fin de la vie professionnelle. Bon vent à ces collègues mais parlons plutôt de l’essentiel.

Parlons plutôt de notre chère Caisse de pensions (CPEV), ce que ne fait pas La Gazette

La bonne reprise des marchés financiers en 2009 a largement profité à la CPEV avec une performance de plus de 9%. Ainsi, avec un taux de couverture à 66,09%, la caisse a réussi à se situer de justesse en dessus du minimum légal.

La Loi fixe l’objectif d’atteindre un degré de couverture minimum de 75% en 2019. Si en 2009, le taux minimum était de 66%, nous devons compter pour 2010 sur une couverture minimum de 67%.

Afin d’atteindre ces objectifs, le législateur avait introduit des mesures structurelles dont l’entrée en vigueur a pris effet au 1er janvier 2006.

Parmi ces mesures, nous rappelons l’augmentation de la durée de cotisations et de la déduction de coordination, l’abattement de l’indexation des pensionné∙e∙s et l’élévation de l’âge minimum de la retraite pour certaines catégories de personnel de l’Etat de Vaud. Pour qui? Suivez notre regard…

Mais qu’en est-il aujourd’hui?

La question qui se pose et qu’il faut nous poser, est de savoir quel est le taux de couverture de la CPEV en 2010?

En effet, en admettant, ce qui est fort probable, que les performances de la CPEV n’avoisinent plus les 9% compte tenu du contexte économique et financier mondial et que son rendement à l’avenir soit sérieusement compromis, comment la Caisse de pension pourra-t-elle assurer sa couverture minimale?

Silence radio

Ce que cette La Gazette ne traite pas dans ce spécial dossier retraite et que le Conseil d’Etat tait, en attendant les élections, c’est l’état de santé de notre Caisse de pensions (CPEV).

Au cas où le degré de couverture en 2010 serait inférieur au 67% et sachant que les rendements risquent de ne plus pouvoir assurer une couverture minimale à l’avenir, quelles seront les dramatiques mesures d’assainissement?

Communication!

Le Conseil d’Etat et la CPEV ont l’obligation légale d’informer les assuré∙e∙s et les bénéficiaires de rente du degré et des causes d’un éventuel découvert, mais surtout, des mesures qu’ils entendent prendre le cas échéant.

Négociation!

La Fédération syndicale SUD exige que l’Etat employeur communique et demande également l’ouverture de négociations sur l’avenir de nos rentes. Il s’agit d’une question salariale et c’est à l’employeur de payer!

 

Pénitentiaire: autres réformes en cours:

Nous sommes heureux/ses d’apprendre par la voix du Conseiller d’Etat Philippe Leuba et/ou de son Chef de service a.i que les associations du personnel seront désormais mieux intégrées à tous les niveaux d’échanges.

QUESTION: Mais une seule question! Toutes les associations, vraiment toutes ou seulement les «officialistes»?

 

Votations cantonales du 15 mai 2011

sur la Loi sur les prestations complémentaires cantonales pour les familles et les prestations cantonales de la rente-pont

En mai 2011, les vaudois et vaudoises auront le dernier mot concernant la Loi sur les prestations complémentaires en faveur des familles et des chômeurs/euses âgé∙e∙s. Ces prestations complémentaires, si elles sont acceptées en votations populaires, éviteront à environ 6000 familles de «working poor» le recours au revenu minimum d’insertion et à 550 personnes proches de la retraite et ayant épuisé leurs droits aux indemnités chômages de venir grossir les rangs des bénéficiaires du revenu minimum.

Le financement de ces prestations sera assuré pour moitié par le canton et les communes et pour l’autre moitié par une cotisation de 0,06% prélevée sur les salaires (0,03% à charge des employeurs et 0,03% à charge des travailleurs/euses).

Les causes de la pauvreté de ces ménages vaudois qui, bien que travaillant, vivent avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté (ou à peine supérieur à ce seuil pour certains de ces ménages), et l’absence de revenu pour les personnes sans emploi proche de la retraite sont évidemment à chercher du côté des misérables salaires versés à ces «working poor» par de nombreux employeurs, et de celui du non engagement des chômeurs/euses âgé∙e∙s par ces mêmes employeurs.

Dès lors, à nos yeux, et à l’instar de ce qui est pratiqué pour les allocations familiales, il serait donc totalement justifié que la totalité du financement de ces prestations soit assurée exclusivement par les patrons. Il est donc paradoxal de constater que le monde économique s’oppose à la modeste contribution mise à sa charge pour ces prestations complémentaires.

Bien que le financement de ces deux réformes sociales ne soit pas idéal (comme déjà mentionné, le coût de ces prestations devrait être totalement à la charge des employeurs), SUD et le SGFP invite les citoyens et citoyennes de ce canton à s’opposer fermement au référendum des milieux patronaux et à plébisciter le OUI lors du vote sur les prestations sociales complémentaires visant à renforcer le revenu des familles modestes qui travaillent et celui des chômeurs/euses en fin de droit proches de la retraite.

Votons OUI!

 

Le 15 mai, faisons passer le salaire minimum!

Le 15 mai 2011, l’initiative vaudoise pour un salaire minimum sera soumise au vote. Etant donné les bas salaires si nombreux, il est à peine nécessaire de recommander le OUI à tous et toutes nos ami∙e∙s.

Il faut savoir que même si l’initiative cantonale passe ce sera au Grand Conseil de fixer le montant du salaire minimum. Il n’est donc pas suffisant de gagner dans les urnes le principe de cette revendication évidente. Il va falloir mobiliser dans la rue et sur les lieux de travail pour forcer un parlement, peu favorable aux intérêts des travailleurs/euses, dans sa majorité à décider un montant décent pour ce salaire minimum légal.

Pour nous, la question est claire. Le salaire doit permettre de vivre convenablement à celui/celle qui vend sa force de travail et à sa famille s’il ou si elle en a une. Un salaire qui vous accule à la misère et à l’aide sociale constitue une exploitation intolérable. Il ne peut être le fait que de patrons négriers.

L’aide sociale ne peut pas être là pour compenser l’asservissement au travail et les salaires de misère. Travailler doit permettre impérativement de sortir de la précarité. L’aide sociale publique ne doit pas servir à subventionner des patrons qui pratiquent des salaires de misère et peuvent continuer à la faire parce que les fonds publics prennent en partie en charge les gens qu’ils contraignent à la misère.

Donc, votons OUI au salaire minimum et mobilisons-nous pour imposer au parlement un salaire minimum décent, soit Fr. 52’000.- par an.

Préparons-nous!

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